Famille, foyer, parent rien de tout ceci je ne possède ni ne possédais. Vendu par tellement de monde acheté par d'autant plus.
J'étais esclave je fus envoyé sur un navire pour fonder avec des nobles déchus une colonie nouvelle. Cette dernière avait pour emplacement les Rivages maudits, terre désolée qui porte trop bien son nom. Ici point de desert mais des arbres, des marécages, des serpents mais il y avait plus encore.
Même maintenant que j'ai décidé de confier ces mot à la plume je les sens vains, n'ayant sens que pour moi même et plus j'écris, plus les vielles blessure que je croyais scellées se rouvrent et l'encre devient sang.
Un jour nous trouvâmes un lopin de terre que le peux qualifier d'aride quand a vu le reste. Mais d'autres pauvres bougres rescapés du navire qui avait été dissous par l'eau corrosive nous rejoignirent. Nous aurions pu survivre sans eux mais il étaient là dépenaillés, vétus de rien, mangés par les moustiques. Nous les avons aidés puis ensemble nous avons construit des plateformes dans les branches qui nous protégeaient des assauts répétés de toutes bêtes. La nourriture manquait et nombreux sont ceux qui ont dépéri des jours et des jours avant de succomber au poison des fruits défendus mais si juteux quand on a faim.... 2 enfants on trouvé une cité, c'était une merveille mais désaffectée. Beaucoup de ceux qui restaient sont morts car l'espace d'un instant ils se sont appuyés sur la pierre de mémoire, parlant à des gens inexistants, refusant de remonter a la surface, mourant de faim mais heureux. Un sort presque enviable par rapport au notre. Un moment une enfant s'est perdu. Tous nous nous sommes mis a sa recherche et nous la retrouvâmes parée de mille colliers de diamant, de saphir, d'ambre, d'opale, parlant a ces gens invisibles.
Les hommes ayant vu cela se remémorèrent la promesse du gouverneur de Jamailla de revenir tous les ans pour récupérer des richesses. Car c'était la la raison de cette expédition dont personne ne voulait prendre la charge. Ainsi tous les hommes, excepté moi qui me battais pour maintenir un abri correct à la cime des arbres gigantesques, tous sont partis défonçant ce qui autrefois devait être une cité riche propre et heureuse. Fracassant portes, murs, niches, n'ayant plus le sens de la réalité.
Mais tous au moins une fois defoncèrent une porte qu'il aurait mieux valu garder close. Ces portes étaient les gardiennes et en les ouvrant tous les souvenirs de la ville perdue imprégnaient les casseurs comme pour y trouver matière à survivre. Par delà la porte se trouvait la fange et tout le limon des marécages, qui se deversèrent à torrent à travers toute la cité. bientôt tout le monde ou presque fut noyé ou broyé. Mais pas mon groupe nous avions réussi a échapper à la mort en cherchant amis ou proches, vaines quêtes en vérité, tous était dévoré par leur démons respectifs. Nous réussîmes à trouver un escalier survivant nous grimpâmes sans jamais nous arrêter pour ce qui nous sembla une éternité quand on a rien mangé. Puis enfin nous émérgèrent. Au sommet le calme des fruits bombés de jus et de sucres. Nous les avalâmes tous bouchée par bouchée savourant cette exquise chose. Une femme était sur le point de mettre au monde. Sans douleur apparente cela se fit dans le plus grand silence troublé seulement par les oiseaux que nous perturbions. L'enfant naquit avec des écailles. Nous n'étions même pas étonneés le désert des pluies était son pays. Plus tard nous retournâmes au camp, peu avait survécu. Nous amassâmes tout ce que nos chercheurs avaient arraché à la cité au prix de leur vie puis retournâmes à la tour. Nous nous établîmes ici. Autour de nous des milliers de cités souterraines elles aussi s étendaient à perte de vue. Malgré nos préjugés le gouverneur tint parole, à la douzième lune de l'an premier du desert de pluies, il vint. Nous lui vendîmes nos premières acquisitions à fort prix. Ainsi nous devînmes riches et ainsi nous engageâmes de la manœuvre du navire, ce qui nous aida à peupler, mais aussi à abattre les arbres et les laisser sur terre pour que nous puissions être sur le sol et construire au même niveau. Le gouverneur revint plus que de raison car il voulait tout. Alors nos conditions s'améliorèrent et nous devînmes les maitre du marché de Chalcède et Jamailla. Puis grâce à quelques trésors nous découvrîmes une source d'abondante jeunesse, le buveur en devenait dépendant mais s'assurait ainsi une immortalité.
Nous sommes aujourd'hui millénaires.







